Je n'ai jamais eu le rêve de la robe blanche. Marcher le long de l'allée, a l'église, au bras de mon père, avec tous mes amis assis de chaque côté qui me regardent... non merci, très peu pour moi. Surtout que je ne suis pas baptisée et que, plus jeune, je faisais même des cauchemars en pensant a ce que je devrais répondre lorsque mon amoureux s'agenouillerait pour me demander en mariage: Euh... non, je ne peux pas? Maintenant je me trouve ridicule d'avoir eu ses peurs, surtout que je suis encore célibataire donc on est loin du moment où un homme s'agenouillera devant moi, bague a la main. Qui aurait cru que la peur de devoir dire non se transformerait en peur de ne jamais pouvoir dire non? Pas moi.
Bref, si je n'ai pas eu ce rêve, j'ai longtemps eu celui où, dans le temps où je voulais être actrice, j'allais chercher mon Oscar aux Academy Awards. J'avais un beau petit discours tout préparé. Mais l'eau a coulé sous les ponts et j'ai choisi un métier derrière la caméra, endroit où je me trouve très bien d'ailleurs. J'ai quand même eu droit a un aperçu de ce que ma vie aurait pu être: j'ai accompagné une amie actrice a la première montréalaise de Sex and the City, le 28 mai dernier. En sortant de la limousine (hé oui), il y avait un tapis rouge (héééééééé oui!), j'ai même eu droit a la séance de flash, photos, caméras, journalistes, et puis je me disais, je ne suis pas a ma place ici, je devrais me mettre sur le côté, en dehors des photos, laisser faire les pros, celles qui ont passé une partie de leur vie a se regarder dans le miroir pour trouver la meilleure pose.
Apres le film, j'ai la migraine, je dois retourner a la maison et manquer le party. Dans le taxi, je repense a ma soirée et puis ça me vient tout a coup, aussi réconfortant que surprenant: je ne regrette pas. Je ne pense pas pouvoir vivre avec au quotidien une dose de caméras. Si c'est le prix a payer pour se pavaner sur le tapis rouge, je m'en passe très bien. J'aime ma job et je ne la changerais pas pour avoir ma photo dans le journal.
Il y a beaucoup de points d'interrogation dans ma vie. Aujourd'hui j'essaye d'en effacer un ou plutôt de le transformer en point d'exclamation. À partir du 4 janvier 2011, je veux parler ici des films que je vois et de ce qu'ils m'inspirent. Il ne s'agit pas de critique, mais de mes opinions et de ce que le cinéma me fait penser, et vivre.
vendredi 30 mai 2008
jeudi 15 mai 2008
Trop tard pour écrire
00h49, je reviens d'une journée de tournage a l'Île Ste-Hélène, une belle journée chaude de printemps. Le coeur et l'énergie sont de moins en moins de la partie. Pour moi, pour les autres, ça se sent dans l'équipe. Ces moments me font douter. Je suis fatiguée et n'arrive plus a penser clairement. Je remets tout en question. Je fais des rêves bizarres ces temps-ci. Hier, je me suis réveillée perplexe, a 2 heures du mat. Dans mon rêve j'ai embrassé 2 collègues de travail, dont un qui ne m'a jamais attiré. Mon corps a des envies dont je ne me rends plus compte. J'ai envie de sentir le corps d'un homme contre le mien. Il est trop tard pour écrire. C'est l'heure des grands questionnements. Je vais aller m'endormir en écoutant du Harmonium.
dimanche 11 mai 2008
3 mois plus tard
Il s'en est passé des choses durant ce tournage. Mais j'ai tellement tout raconté souvent que je ne suis pas certaine d'avoir envie de l'écrire ici. En résumé: un tournage, 2 provinces, une mine, un vaisseau spatial, de la terre rouge et grise encore sur mon sac a dos, et beaucoup d'alcool plus tard, 1 one night stand, des nouveaux amis, 1 homme dont je me souviendrai longtemps... Je suis revenue a la maison pour trouver une coloc en plein déménagement, j'ai eu l'appart a moi pendant 2 semaines, juste le temps que naisse en moi l'envie de vivre seule. Puis le nouveau coloc est arrive, avec plein de promesses de soupers entre amis et de nouveaux meubles... dont j'attends toujours de voir la couleur.
Au moins j'ai la job. La job dans laquelle j'ai du me plonger tout de suite en arrivant et qui a atténué la déprime d'après tournage qui aurait normalement suivi Screamers. La job qui continue a tous les jours de m'en apprendre sur la réalisation et qui me dit que d'ici quelques années, ça sera peut-être a mon tour. La job où je suis entourée de gens, certains dont je ne me passerais plus, certains qui me rendent folle. La job... j'ai peur que cette job que j'ai voulu faire pendant longtemps et qui est maintenant mon métier soit devenu un échappatoire.
Il fait beau, je devrais aller prendre une marche. Aller profiter de ma ville un peu.
Au moins j'ai la job. La job dans laquelle j'ai du me plonger tout de suite en arrivant et qui a atténué la déprime d'après tournage qui aurait normalement suivi Screamers. La job qui continue a tous les jours de m'en apprendre sur la réalisation et qui me dit que d'ici quelques années, ça sera peut-être a mon tour. La job où je suis entourée de gens, certains dont je ne me passerais plus, certains qui me rendent folle. La job... j'ai peur que cette job que j'ai voulu faire pendant longtemps et qui est maintenant mon métier soit devenu un échappatoire.
Il fait beau, je devrais aller prendre une marche. Aller profiter de ma ville un peu.
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