samedi 27 septembre 2008

Une soirée au Rouge

Je me disais ça y est, j'ai repris contact avec l'ancienne moi, la moi qui profitait de sa jeunesse et sortait danser jusqu'a 3h du matin en se saoulant de bière a 1$ en ne pensant pas au terrible lendemain de veille que j'aurais a vivre. Ça y est, je recommence a sortir et a me mettre cute. Ça y est, je fais quelque chose au lieu de me plaindre qu'il ne se passe jamais rien dans ma vie. J'avais même trouvé celle qui allait m'aider. La fille qui sort tout le temps et qui connaît tous les bars trendy et les bons restos de Montréal. Ça y est, j'y étais presque.
Mais voila que, hier soir, au Rouge, je suis partie sans dire bye a personne. Je ne sais pas si c'est une question d'âge. Je ne sais pas si c'est parce que je suis trop vieille pour que les gens me foncent dessus. (Je suis certaine que c'est déja arrivé a tout le monde. Je danse avec ma gang, j'ai du fun, la musique est bonne, mais on dirait que je suis dans un corridor. On dirait que tout le monde s'est donné le mot. On dirait qu'ils se disent: ''tiens, elle, elle va se tasser quand je vais passer a côté d'elle pour aller au bar. Je pourrais peut-être même la pousser un peu, ça ne lui dérangera pas. Surtout je ne m'excuserai pas.'') Les uns après les autres. Je ne sais pas si c'est parce que je suis trop vieille pour ça, en tous cas je ne l'endure plus beaucoup. Et puis je n'avais pas une grosse envie de me saouler, de baragouiner mon adresse au chauffeur de taxi, de monter les 2 étages menant chez moi tout croche, d'oublier de prendre un verre d'eau avant de me coucher et d'avoir mal a la tête le lendemain matin.
Après avoir parcourues le bar 2-3 fois a la recherche d'amis, après avoir abandonnées le parfait spot pour danser pour aller se foutre au milieu de la foule, je ne pouvais plus la suivre. J'étais contente d'être avec elle, j'étais contente qu'elle m'aille présentée a ses amis et qu'elle veuille bien m'inclure dans sa gang. Mais a un moment j'en ai eu assez, je n'avais même pas le goût de dire bye, j'avais juste le goût d'être chez moi, dans mon lit, confortable. J'ai quand même dit bye a mon amie pour ne pas qu'elle me cherche plus tard et je me suis sauvée.
Dehors, il pleuvait. Le chauffeur de taxi voulait que je lui explique le chemin et tout ce que je voulais c'était écouter la musique de mon IPod et avoir la paix. J'ai appris la leçon. La prochaine fois, quand je me lève a 5h30 du mat pour aller faire des prises de sang a l'hôpital, je ne peux pas sortir jusqu'a 3h sans avoir fait une sieste avant. Sinon, je deviens irritable.

mardi 23 septembre 2008

L'aquarium

Hier, après une semaine a le regarder et a me dire qu'il était du pour un bon nettoyage, j'ai finalement lavé l'aquarium de mes poissons rouges. Ou plutôt, le bocal sans filtre qui leur sert de maison. Des taches brunes commençaient a se former sur plusieurs parois, l'eau était jaune, si mes poissons pouvaient communiquer avec moi ils m'auraient sûrement crier des bêtises. Maîtresse ingrate, j'entends d'ici leurs cris mêlés a ceux de la foule en délire. Que voulez-vous, je trouve ça un peu insignifiant, moi, des poissons rouges. C'est plus une décoration qu'un animal de compagnie. Je me demande pourquoi je les ai pris avec moi quand mon dernier tournage s'est terminé. Je me les suis imaginés en train de disparaître dans un bol de toilette et je me suis dit que personne ne méritait cette mort, même pas des poissons rouges.

Peut-être que je traite cet aquarium de la même façon que je traite ma vie: je le regarde pendant une semaine avant de faire quoi que ce soit. Peut-être aussi que ma vie mériterait un bon ménage, comme celui que je viens de faire dans l'aquarium. Frotter les parois pour découvrir ce qui est caché en-dessous des tâches brunes: des vitres, un autre monde, plein de possibilités d'exploration. Frotter sans savonner, pour ne pas trop les perturber quand même. Replacer les petits arbres de plastique et le plancher de garnotte bleu. Le problème c'est que moi, j'ai une plus grosse mémoire que celle de mes poissons. On ne peut pas m'avoir avec le simple ménage de ma cage.

mardi 16 septembre 2008

On sait que c'est vraiment l'automne quand...

... on dort pour la première fois depuis longtemps avec la fenêtre fermée.
... on se lève le matin et qu'on enfile jeans et chandail a manches longues.
... a midi on ferme toutes les fenêtres de l'appartement.
... on ne peut plus ignorer les feuilles mortes au sol et rouges dans les arbres.
... on se lève avec la gorge qui picote et plus la journée avance, plus on se sent étourdi.

J'aime l'automne, malgré mon premier rhume de la saison.

lundi 8 septembre 2008

La vie adulte

Faire le ménage. Chasser la poussière. Ranger ce qui traine. Ne pas oublier les fenêtres. Trouver le parfait menu pour mes amies qui viennent souper. Avoir de l'imagination dans la cuisine. Au lit aussi. Aller porter mes vêtements chez le nettoyeur. Prendre rendez-vous avec la coiffeuse. Trouver un médecin pour mes migraines. Laver mon plancher avec un nettoyant naturel. Aller au gym. Faire mon entraînement au complet. Sans tricher. Bien manger, de 5 a 10 portions de fruits et légumes par jour. Plus de poisson, moins de fromage. Acheter de la nourriture pour le chat. Manger bio. Ou acheter des produits du Québec. Les 2, de préférence. Qui aurait dit que ce serait si difficile d'être adulte?

Je ne sais pas d'où me vient cette obsession de la perfection. D'avoir mon appartement plus propre que la maison de mes parents. Tout ça m'est tombé dessus, sans prévenir, il y a quelques mois, quand mon ancienne coloc m'a quittée pour aller vivre avec son copain, et que soudainement je suis devenue la personne en charge. L'adulte responsable. Le problème c'est que je ne sais pas me servir d'une drill et que je dois appeler mon père a chaque fois que je veux poser quelque chose sur les murs.

J'ai longtemps porté une bague avec l'inscription Carpe Diem dessus. Maintenant ça me fait rire. J'étais jeune et je n'avais pas encore peur du mot responsabilité. Je suis en congé ces jours-ci et j'ai de la difficulté a relaxer. Je me sens coupable si je ne fais rien d'autre qu'écouter des épisodes de Dexter dans ma journée. La poussière me nargue.

Ah oui, j'oubliais: trouver le bon punch line pour ce texte.

mercredi 3 septembre 2008

Petite réflexion du soir ou La relativité

En revenant chez moi ce soir, j'ai croisé une fille qui marchait, l'air assuré, agressif, d'un pas rapide, des couteaux dans les yeux. Trop d'attitude. Comme si elle s'en allait engueuler quelqu'un. Voulant faire peur peut-être. Si les gens sont séparés en 2 groupes, les forts et les faibles, et qu'elle pense faire partie des forts, alors j'aime mieux faire partie des faibles. C'est rassurant, non?