samedi 29 janvier 2011

Away from her, away from him

Il y a tant de choses que j'aurais voulu te dire. Tant de questions que j'aurais voulu te poser. Est-ce que tu as une fille comme moi dans chaque ville ou est-ce que je suis la seule? Est-ce que tu aimes ta femme et qu'est-ce que j'ai été pour toi?

J'aurais voulu dire que je t'ai aimé. Même si ça n'a été que pour un instant. Que je me sens beaucoup plus vieille aujourd'hui que dans ce temps-là, même si ça ne fait que 3 ans. Que j'ai peur que tu n'aies pas reconnu dans mes yeux, ce qui t'a tant plu à l'époque. Que je ne sais pas pourquoi tu es venu vers moi aujourd'hui, et que toutes les questions me font peur.

Ta visite m'a rendue nostalgique d'une époque où je m'épanouissais. Où le travail et les rencontres s'y rattachant me rendaient heureuse. Où l'accomplissement venant avec le travail bien fait était suffisant. Et maintenant je suis perdue, et je n'ai pas grand chose à offrir, et je n'ai pas su être la fille peut-être pétillante, sûrement réconfortante que j'ai été pour toi, et que j'aurais voulu te remémorer, le temps d'une soirée.

Je t'ai dit qu'après t'avoir eu au téléphone, pour me préparer à notre rencontre, j'ai regardé Away From Her, le film de Sarah Polley, parce que je sais que tu travailles avec elle, et qu'elle a marqué ma jeunesse en tant que Sarah Stanley dans Road to Avonlea. Je ne t'ai pas dit que j'ai pleuré tout le temps que le film a duré, en voyant ce couple amoureux même après 44 ans, me disant que je ne ressentirais peut-être jamais le réconfort de partager ma vie avec quelqu'un pendant aussi longtemps, et sûrement pas avec toi, parce que tu te donnes déjà à une autre.

Avant de partir, tu as déposé un baiser sur mes lèvres, et j'espère que c'est parce que tu te souviens autant que moi de ces soirées qui se sont finies de la même façon, et non parce que c'est ta façon de séduire les jeunes femmes, et de te les attacher à toi pour toujours.

Deux petites heures, ce n'était pas assez. Elles m'auront laissée sur ma faim, mais auront été suffisantes pour ramener à la surface des choses enfouies depuis longtemps, et pour me rappeler que je vieillis.

Aucun commentaire: