J'aime écouter des films français. Je trouve ça exotique. Ils ont beau parler la même langue, nos cousins européens sont très différents de nous, dans leur culture, leur mode de vie, et ça se voit au cinéma. Le seul fait de les entendre parler m'enchante. Les appartements, les maisons, les rues, ça me rappelle des voyages que j'ai fait. Souvent je choisis d'écouter un film français à cause des acteurs que j'aime, et parfois à cause d'un cinéaste que je connais et dont j'apprécie déjà le cinéma. Dans le cas d'Alain Resnais, tout ce dont je me souvenais, ce sont des extratis d'Hiroshima mon amour et de L'année dernière à Marienbad qu'on nous a montrés à l'université. Je me rappelle ne pas avoir été attiré par ce cinéma à l'époque. Je ne savais donc pas trop à quoi m'attendre de son dernier film, Les herbes folles, mais j'étais curieuse. J'ai été très agréablement surprise.
Je n'ai pas beaucoup aimé l'esthétique, particulièrement l'éclairage. Il y a beaucoup de lumière bleue qui semble non naturelle et qui je trouve fait veillot. Par contre, j'aime beaucoup la façon de filmer en suivant les personnages de dos qui permet au spectateur de vivre les événements avec les personnages plutôt que de simplement regarder ceux-ci les vivre. La narration aide beaucoup dans ce sens, elle ne fait pas seulement raconter mais elle nous transporte dans la tête des personnages. Clin d'oeil à Edouard Baer pour avoir prêté sa voix.
Ce qui m'a le plus touché est sans doute le sujet et les fortes performances des acteurs. Sabine Azéma et André Dussollier sont à nouveau réunis dans cette histoire d'amour un peu décousue, à l'image des débuts de relations. L'inconnu, l'incertain, le non-dit, l'inévitable, on se sent bien et perdu à la fois, on ne comprend pas, on devient égoïste. La passion ça peut être compliqué. Ça prend plus qu'un croisement de regard à travers une pièce pour que 2 êtres tombent en amour. Ça prend une série d'événements inexplicable. Au début les dialogues sont très réalistes, très naturels, imparfaits comme dans la réalité, puis tout devient très dramatique, mélodramatique presque. Les personnages sont complexes, on ne connait pas toutes leurs motivations ni tout leur passé, la place est laissée à l'imagination pour combler les trous.
Je ne m'attendais à rien et j'ai bien apprécié. Je le recommande à ceux qui aiment essayer comprendre l'être humain et qui s'émerveillent à chaque jour de voir que dans le fond, il n'y a rien à comprendre. Mes coups de coeur: Mathieu Amalric et Emmanuelle Devos.
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