samedi 8 janvier 2011

Black Swan

Hier soir, je m'assoyais devant la télévision pour écouter Peter and Vandy quand le téléphone a sonné. C'était ma grande amie Lucie, qui habite pas très loin de chez moi et qui m'invitait à venir prendre un verre chez elle. Je n'avais pas envie d'y aller. Je me suis dit: ça ne se peut pas, tu ne peux pas choisir d'écouter un film seule à la maison quand tu as la possibilité de socialiser et de voir des amis. Surtout que ça faisait 2-3 jours que je restais chez moi sans trop sortir. Alors je me suis forcée, je me suis habillée et j'ai été prendre une marche dans le froid de l'hiver. Ça m'a réveillé, j'ai passé 2-3 heures à jaser et quand tout le monde s'est endormi, je suis retournée chez moi, bien réveillée. Minuit, c'est mon heure ces temps-ci. C'est mon 2e souffle.

J'étais contente d'être sortie et en même temps déçue de ne pas avoir bloggé à propos d'un film. Et puis j'ai décidé de me payer la traite. De faire quelque chose d'interdit. J'ai écouté Black Swan sur mon ordinateur. Illégalement. Le seul fait de l'écrire ici, ouvertement, sur internet, j'ai peur que la police vienne m'arrêter. C'est la culpabilité je pense. Quand même, plaisir coupable, quand tu nous tiens.

C'est un des films au cinéma qui m'a le plus marquée en cette fin d'année 2010. Cauchemardesque, sur le coup je ne savais pas trop qu'en penser, je ne comprenais pas tout, je me mélangeais entre le réel et la folie du personnage. Puis les jours ont passé et j'y pensais encore, et je me suis dit en moi-même: Bravo Darren. Ton film me hante. Des images me reviennent. La danse, la musique, les maquillages. Natalie Portman, dans le plus grand rôle de sa carrière. En le réécoutant hier soir, j'ai trouvé ça aussi bon. Peut-être un peu moins magique parce que je n'avais plus la surprise, l'attente, l'anticipation. J'ai pris plaisir à l'analyser un peu plus. À remarquer l'absence de couleur, excepté le rose et le vert, le choix de tourner beaucoup en gros plans et en travellings, l'ambiance à charge érotique élevée. Aronofsky mise sur l'angoisse du personnage et le transmet bien à l'écran. On se retrouve dans un univers cauchemardesque riche en symboles et ce n'est pas important de tout comprendre, ça nous permet de mieux vivre l'inquiétude et l'instabilité que vit Nina la ballerine.

À voir, à revoir, à aimer, à se troubler, à se poser des questions. Il était passé 5h du matin quand j'ai fini le film.
Je blogue tout croche mais ça me fait du bien. Les choses vont se placer.

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